Un promoteur prévoit ériger un immeuble à copropriétés de huit étages aux portes du Vieux-Québec, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.
Norplex veut construire 82 copropriétés à la place du stationnement situé à l'angle de l'avenue Honoré-Mercier et de la rue d'Aiguillon.
Le promoteur espère obtenir les permis nécessaires pour commencer l'hiver prochain les travaux de son projet baptisé « Europa ».
Le président de Norplex, Yves Doyon, promet une vue exceptionnelle. « C'est un site qui bénéficie d'une vue à couper le souffle sur la ville de Québec. On voit jusqu'à l'île d'Orléans, on voit le fleuve, c'est très, très joli comme endroit, extrêmement exposé, donc ça va être l'entrée de la ville par l'autoroute Dufferin », souligne-t-il.
Pour ne pas gâcher l'entrée du Vieux-Québec, la Ville a adopté une réglementation particulière l'année dernière, indique Marie-Christine Magnan, porte-parole à la Ville de Québec. « En fait, ce qu'on veut, c'est que ce soit bien intégré au patrimoine actuel », dit-elle.
Le projet de Norplex respecte les normes de la Ville en ne dépassant pas huit étages.
Inquiétude dans le voisinage
Malgré la réglementation de la Ville, l'érection de cet important édifice inquiète les résidents du secteur. Le porte-parole du comité populaire Saint-Jean-Baptiste, Mathieu Houle-Courcelles, trouve l'immeuble trop imposant. « Le projet tel qu'il se présente, bien qu'il respecte le nouveau zonage en vigueur, est vraiment trop massif pour ce terrain-là. Ça ne laisse pas beaucoup de place, pas beaucoup de dégagement pour le bas du quartier », fait-il savoir.
Le comité populaire Saint-Jean-Baptiste appréhende aussi l'augmentation de la circulation automobile dans ce secteur.
L'immeuble comprendra deux commerces au rez-de-chaussée et le prix des copropriétés variera de 250 000 $ à 800 000 $.
C'est une première à Québec : un hôtelier transforme son établissement en résidence de tourisme dans le Vieux-Port. Les suites de l'hôtel Le Port-Royal se métamorphoseront en copropriétés. Et le propriétaire Éric-Yves Doyon en profite pour entamer un important projet d'expansion "de 20 à 22 millions de dollars", annonce-t-il.
"Le marché des résidences de tourisme est en plein développement au Québec", dit-il. Or, les zones où la location de copropriétés est permise sont rares dans la capitale. "Donc, il faut en profiter !"
La première phase prévoit l'aménagement de 50 unités dans l'immeuble actuel. "On va conserver l'équivalent de deux étages pour maintenir un système de gestion d'hôtel", explique le promoteur.
Contrairement aux projets de copropriétés hôtelières qui foisonnent à Montréal, les acheteurs d'unités pourront choisir de les occuper ou de les louer à l'année.
Quand il aura terminé ses premières ventes, Éric-Yves Doyon compte construire un autre immeuble sur le stationnement de l'hôtel. En avril 2010, le promoteur a également acheté un bâtiment en face de ce stationnement : le 70, rue Saint-Paul. Il compte le relier par le stationnement souterrain compris dans le projet. Il y aménagera d'autres copropriétés. Au total, le projet en comptera 125.
Dans un quartier patrimonial que protègent tant la municipalité que le gouvernement du Québec, le projet n'a rien de simple, assure le promoteur. "J'ai dû obtenir des permis non seulement de la Ville, mais aussi du ministère de la Culture. On a passé quatre rouleaux de plans et trois cabinets d'architecte différents pour arriver à une solution qui plaît à tout le monde."
Au cabinet d'évaluateurs Altus de Québec, Alain Roy doute que la capitale vive une vague de conversions d'hôtels en copropriétés. "Le Port-Royal s'y prêtait bien, dit-il. Ce sont des suites : il y avait des cuisines dans la majorité des chambres. Les coûts de transformation sont donc relativement mineurs, par rapport au coût de transformation de chambres traditionnelles."